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Cisjordanie - 20 novembre 2004
Par Muhammad Ibrahim
La joie était grande pour la famille de l'instituteur Ghalib Aref Anis Daraghmeh, de Toubas, qui revenait d'Arabie Saoudite après une longue absence. La famille voulait enfin se stabiliser au pays. Mais tout cela s'est évanoui en une seconde, en arrivant au pont.
Les autorités israéliennes d'occupation n'ont pas autorisé la petite Nour à entrer au pays car elle a dépassé les 5 ans, de deux mois, l'âge "légal" pour les natifs palestiniens de l'étranger pour obtenir le droit de rentrer au pays, selon la loi israélienne.
"Tout s'est effondré, en une seconde. L'exil de 28 ans s'est transformé en vengeance et colère, j'ai souhaité que cela n'ait pas eu lieu", dit Ghalib, 52 ans qui vit aujourd'hui et sa famille composée de 11 personnes dans Toubas, alors que sa fille, âgée de 5 ans et quelques mois, vit en Jordanie parce qu'elle n'a pas été autorisée à rentrer...
Ghalib ne sait plus quoi faire. Le ministère de l'éducation saoudien a mis fin à son contrat, comme pour de nombreuses personnes comme lui, pour donner la chance aux jeunes saoudiens de travailler. Que faire ? Après discussions avec les membres de la famille, il avait décidé de rester avec Nour en Jordanie pour trouver une solution, alors que les autres membres de la famille se rendaient à Toubas.
En Jordanie, Ghalib a tout fait, pendant deux mois, pour trouver une solution afin que sa fille Nour puisse entrer au pays, mais en vain.
Il dit : "certaines personnes m'ont conseillé de me rendre à l'ambassade israélienne à Amman pour expliquer le cas, je l'ai fait. Les fonctionnaires m'ont proposé de lui faire faire un passeport et de lui demander un visa pour une visite, c'est ce que j'ai fait. Mais la demande de visa a été refusée."
Ghalib essaie de trouver un travail en Jordanie, et même ailleurs, afin qu'il puisse de nouveau réunir toute sa famille, mais sans résultat. Toutes les portes ont été fermées devant lui, il n'a que la solution de retourner à Toubas, et abandonner sa petite chez une parente en Jordanie.
"Mais c'est là où le problème est apparu. La petite, qui a supporté l'absence de sa mère et ses frères et soeurs, pendant deux mois, car j'étais auprès d'elle, s'est retrouvée d'un coup devant l'amère vérité : elle vivra dorénavant loin de tous les membres de la famille", ajoute Ghalib.
"Pendant deux mois, Nour a vécu dans un état d'inquiétude, d'angoisse et de détresse. Elle demandait tout le temps sur ce qui allait lui arriver, tout en réclamant sa mère et ses frères et soeurs. Elle était inquiète de se séparer de moi, elle ne me quittait que lorsque je me rendais à la mosquée pour prier".
"J'ai dû lui dire que je partais à la mosquée, je n'ai pas pu lui dire la vérité". Il est sorti de la maison et n'est plus revenu.
La parente chez qui Nour vit actuellement à Irbid en Jordanie lui a raconté que Nour est devenue apathique, ne faisant rien toute la journée. Elle se tient dans un coin, ou près de la porte. Elle ne mange plus normalement, ne joue pas avec les enfants. Elle questionne sans cesse : quand est-ce son père viendra la chercher pour la ramener vers sa mère et ses frères et soeurs, à Toubas ?"
Sa mère dit : "Je lui parle au téléphone, mais cela complique les choses. Quand elle m'entend, elle fond en larmes. Elle me demande pourquoi elle n'est pas avec nous. Le jour de fête (fin de Ramadan), elle était dans un état très difficile. "
Dans leur maison à Toubas, la famille de Ghalib vit un état de détresse permanente, que personne ne peut imaginer : de l'inquiétude, de la souffrance tout au long des heures de la journée.
Le père dit : "nous vivons le coeur serré et dans l'angoisse permanente. Notre vie a été bouleversée de fond en comble. Ces jours-ci, je devais être en train de chercher un travail, mais tous mes efforts et tout mon temps sont consacrés à trouver une solution pour nous rendre notre fille."
Selon l'ordre militaire israélien relatif au séjour et à la naturalisation, les Palestiniens n'ont pas le droit de faire entrer leurs enfants s'ils ont dépassé les 5 ans.
Ghalib dit : "je ne savais rien sur cet ordre. Si je l'avais su, je n'aurais pas hésité à venir pour l'inscrire car je savais très bien qu'un jour, j'allais revenir au pays car il n'y a pas d'autre pays".
Depuis qu'il est arrivé, il a contacté toutes les parties concernées, mais tout ce qu'il a réussi à obtenir, c'est un conseil selon lequel il devrait faire une demande de regroupement familial, sans aucune garantie qu'elle ne soit acceptée par les autorités d'occupation.
Car les autorités d'occupation israélienne bloquent toutes les demandes de regroupement familial depuis le début de l'Intifada, soit depuis 4 ans.
Source : www.amin.org
Traduction : Palestine en Marche
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