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Jérusalem - 15 juillet 2012
Par Fadwa Nassar
La ville d’al-Qods, ville sainte par excellence et capitale palestinienne, subit une des guerres les plus cruelles de son histoire : l’occupant sioniste détruit son histoire et ses vestiges, ses cimetières, ses mosquées et ses églises, ses palais et ses maisons anciennes, en silence, loin des médias généralement attirés par l’odeur du sang. Il mène, en silence également, une guerre contre sa population, en détruisant ses maisons, d’abord, mais aussi en arrêtant ses enfants et jeunes et en les torturant, en expulsant ses représentants et ses députés, en appauvrissant ses commerçants et artisans, en propageant les drogues pour abrutir ses jeunes. L’occupant sioniste a déclaré une guerre implacable contre la ville d’al-Qods et sa population, en judaïsant la ville, poursuivant la guerre commencée en 1948-49, qui fut le théâtre d’un nettoyage ethnico-religieux approuvé par toutes les puissances du monde.
Les rapports en provenance de la ville d’al-Qods, ignorés par la plupart des médias dans le monde, qu’ils soient arabes ou occidentaux, soulignent la gravité de la situation vécue par la ville et sa population qui subissent cette guerre et à laquelle elles font face avec détermination, seules et abandonnées de tous. Un rapport récent de l’OLP a étudié les destructions par l’occupant des maisons palestiniennes dans la ville d’al-Qods. Depuis 1967, 3.300 maisons ont été détruites dans la partie orientale de la ville, occupée en 1967, dont de nombreux sites historiques et religieux, y compris les 499 maisons des Maqdisis, détruits depuis 2006.
Le rapport indique que la destruction des maisons vise la présence palestinienne dans la ville d’al-Qods, que l’occupant a décidé de judaïser, comme il l’a fait pour les villes de Safad ou de Tabaraya, dans al-Jalil, c’est-à-dire expulser sa population pour installer des colons juifs à sa place et détruire les vestiges musulmans et chrétiens pour construire des bâtiments, devant soi-disant revivifier une histoire qui n’a jamais existé, sauf dans les livres et dans les esprits tordus des sionistes. C’est la guerre menée par la barbarie sioniste contre la civilisation arabo-musulmane dans la ville d’al-Qods, et plus globalement en Palestine, à laquelle on assiste aujourd’hui, sans que bronchent les musulmans, les Arabes et tous ceux qui prétendent œuvrer pour la justice dans le monde.
Démolition du Sheperd Hotel, à Sheik Jarrah, le 9 janvier 2011 (Getty Images)
Un rapport de l’ONU signale que les destructions des maisons en 2011 ont augmenté de 80% par rapport à 2010 (dans toute la Cisjordanie , partie orientale d’al-Qods y compris). Le centre d’études ARIJ (al-Qods) a compté plus de 650 maisons palestiniennes détruites dans la partie orientale d’al-Qods entre 2000 et 2009, et 4.300 maisons sont menacées de destruction par la municipalité de l’occupant, sous prétexte qu’il s’agit de maisons construites sans permis. Car, dans la logique de l’occupant, c’est lui-même qui devrait délivrer les permis de construire, non seulement dans la ville d’al-Qods, mais également dans la majeure partie de la Cisjordanie occupée, placée sous le régime des accords d’Oslo. Du moment qu’il ne les délivre pas, les Palestiniens ne devraient ni construire, ni habiter, ni vivre dans leur pays. C’est la logique coloniale du nettoyage ethnico-religieux qui domine partout en Palestine occupée, que ce soit dans al-Jalil, al-Naqab, al-Aghwar (vallée du Jourdain), ou al-Khalil et al-Qods.
Enlèvement d'un enfant à Silwan, 2012
Au même moment, l’occupant sioniste a augmenté la construction d’unités de logement dans les colonies et en construit de nouvelles, malgré les résolutions onusiennes et internationales, mais l’entité sioniste n’en a cure, elle reste protégée par les puissances internationales. 200.000 colons vivent dans les 12 méga-colonies dans et autour d’al-Qods, et dans près de 90 points de colonisation éparpillés dans les quartiers palestiniens et notamment dans les quartiers de la vieille ville « intra-muros ». Les colons sèment la mort et la violence, avec la complicité des forces de la municipalité, dans les quartiers palestiniens, où ils se sont implantés par la force des armes. Ils tuent, écrasent et terrorisent les jeunes et enfants palestiniens comme ils humilient les familles, rien que parce que ces Maqdisis, ancrés dans leur pays et leur ville, refusent de partir et de leur abandonner leurs maisons et leurs terres.
Des troupes d'occupation omniprésentes
Une récente étude statistique de « l’Institution al-Aqsa » démontre que l’occupant a décidé d’assurer une présence quasi-permanente dans la mosquée al-Aqsa, qu’elle soit le fait de colons, de soldats de son armée ou de ses services sécuritaires et de renseignements. Depuis quelques mois, l’occupant sioniste profane la mosquée presque tous les jours. Les colons y pénètrent pour accomplir des rites religieux alors que les forces sécuritaires y circulent en tenue militaire. L’étude de l’Institution al-Aqsa souligne que c’est souvent dans la période matinale que les colons et soldats investissent la mosquée, en moyenne 450 colons et 300 membres sécuritaires, par mois. Il s’agit pour l’occupant d’habituer les Palestiniens à leur présence provocatrice, avant de procéder à la « division » de la mosquée al-Aqsa, comme c’est le cas pour la mosquée al-Ibrahimi, dans la ville d’al-Khalil, où les musulmans n’y ont accès qu’en passant par des portes métalliques et électroniques, où ils doivent être fouillés et humiliés, où ils n’ont plus le droit de lancer l’appel à la prière, et où ils ne peuvent plus aller qu’aux périodes fixées par l’occupant. C’est la signification de la judaïsation des lieux saints musulmans et c’est ce qui se prépare pour la mosquée al-Aqsa.
La mosquée Al-Aqsa envahie par les colons sionistes, fin mars 2012 (photo Fondation Al-Aqsa)
Au moment où l’occupant accélère le rythme de ses profanations de la mosquée al-Aqsa, il resserre l’étau contre les Palestiniens et les fidèles qui ont décidé, depuis plusieurs années, de se mobiliser et d’assurer une présence permanente dans la mosquée. L’Institution al-Aqsa et d’autres institutions maqdisies avaient lancé, il y a plusieurs années, des cycles d’études à l’intérieur de la mosquée et des journées de rencontre pour les jeunes et les enfants, avec des programmes d’activité liées à la mosquée et à la ville d’al-Qods en général. Cette présence palestinienne permanente à l’intérieur de la mosquée, jugée gênante par l’occupant, est devenue depuis quelques mois l’objet d’exactions en tous genres : arrestations des élèves et étudiants qui s’y rendent et confiscation de leurs cartes d’identité, poursuites d’autres considérés comme « dangereux », amendes pour d’autres s’ils prononcent « Il n’y a de dieu que Allah » ou « Allah est le Plus Grand », lorsque des colons envahissent la mosquée.
Israël a lancé une guerre quotidienne contre les Palestiniens d’al-Qods et contre leur présence dans leur ville et leurs lieux saints. Les Palestiniens résistent et accomplissent dignement leur devoir, celui de vivre dans leur ville et leur pays, malgré cette guerre, et de fréquenter, sans craindre l’ennemi, leurs mosquées et leurs églises. Ils auraient espéré que les Arabes et les musulmans dans le monde agissent ou, à la rigueur, ne les ignorent pas et ne se détournent pas de leur résistance. Que ce soit le député maqdisi de la liste du Hamas déporté vers Ramallah, Ahmad Attoun, ou sheikh Ikrima Sabri, ou sheikh Raed Salah, ou l’archimandrite Hanna Atallah, ou le directeur général de l’Institution Internationale al-Quds, Yassin Hammoud, tous ont récemment lancé des cris d’alarme à la communauté arabo-musulmane dans le monde, pour attirer l’attention sur la guerre sourde menée par les sionistes contre la ville sainte et sa population. Leurs cris parviendront-ils à couvrir les bruits de la fitna ?
Dans les rues de la Vieille Ville...
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Fadwa Nassar
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