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Palestine - 30 mars 2010
Par Al Manar
« Là, derrière ces frontières, c’est notre terre sainte, mes chers enfants. » Voilà ce que dit Hajj Abu Imad à ses petits-enfants chaque fois qu’ils vont à la frontière libano-palestinienne, au sud du Liban. Hajj Abu Imad se rend fréquemment à la frontière, et le 30 mars de chaque année depuis que la résistance a chassé les forces de l’occupation israélienne du sud Liban en 2000. La date marque la Journée de la Terre.
Le vieux palestinien de 76 ans, qui a connu le goût amer du déplacement en 1948 lorsqu’il a fui sa maison d’Al-Khalil, accompagne ces deux petits-fils, Ahmed et Jihad, à un endroit où ils peuvent voir la Palestine occupée. « Lorsque nous avons été chassés de nos maisons, nous avons laissé tout ce que nous possédions, nous avons fermé la porte et nous avons gardé la clef, cette clef, dans l’espoir du retour. J’avais 14 ans, aujourd’hui j’en ai 76, mais je n’ai jamais perdu espoir, et je ne veux pas que vous non plus perdiez espoir. Tout ce que vous voyez de l’autre côté de cette frontière est à vous, et voici la clef pour le récupérer un jour, » dit le vieux hajj à ces petits-fils, la voix tremblante et les yeux pleins de larmes.
Judith Miller et David Samuels ont écrit dans leur article de 2009 (No way home: The tragedy of the Palestinian diaspora) paru dans The Independant :
« Depuis des décennies, les gouvernements arabes ont justifié leur décision de maintenir ces millions de réfugiés palestiniens sans Etat dans des camps sordides afin de les utiliser comme moyen de pression sur Israël. Le problème des réfugiés palestiniens sera résolu, disent-ils, lorsqu’Israël acceptera que les Palestiniens aient leur propre Etat. Pourtant, vingt ans après la fin de la Guerre froide, après deux guerres du Golfe et la montée et la chute du processus de paix d’Oslo, pas un seul réfugié palestinien n’est revenu en Israël, et seule une poignée de fonctionnaires politiques vieillissants est revenue des pays arabes voisins en Cisjordanie et/ou à Gaza. Le fiasco des plans de paix et les changements de priorités politiques ont abouti à une deuxième « nakba » (catastrophe) palestinienne causés cette fois par les gouvernements arabes. »
Chaque 30 mars des dernières décennies, Hajj Abu Imad et tous les Palestiniens dispersés dans divers pays marquent la Journée de la Terre pour protester contre l’occupation et les desseins expansionnistes d’Israël en Palestine.
Le 30 mars 1976, les forces israéliennes d’occupation ont tué six Palestiniens et blessé des dizaines d’autres alors qu’ils manifestaient contre la confiscation de plus de 2.000 hectares de terre en Galilée, au nord de la Palestine, entre les villages de Sakhnin et Arraba. Des grèves en solidarité ont eu lieu presque simultanément en Cisjordanie , dans la Bande de Gaza et dans la plupart des camps de réfugiés palestiniens du Liban.
Le Jour de la Terre, cette année, arrive après que le gouvernement d’occupation israélienne ait annoncé la construction de milliers de nouveaux appartements en Cisjordanie occupée et à Jérusalem Est (Al-Qods). « Construire à Jérusalem, c'est comme construire à Tel Aviv, » a dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu au début de ce mois.
Le Jour de la Terre, cette année, arrive après plus de 62 ans d’occupation, plus de 22 sommets arabes, plus de 18 ans de négociations post-Oslo, 2 Intifadas et près de 4,5 millions de Palestiniens vivant en diaspora, comme les jeunes Ahmed et Jihad, tous comptant sur la conscience, la fermeté et la résistance arabes au pays pour assurer leur retour en terre sainte.
Source : Al Manar
Traduction : MR pour ISM
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