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ISM France - Archives 2001-2021

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Jérusalem -

Les villageois de Biddu expulsent l'armée israélienne du village

Par

Un des manifestants, qui avait été désigné comme porte-parole des villageois, accompagné de son fils de douze ans a discuté en face-à-face avec un soldat lourdement armé et appelé le soldat à refuser de servir dans l'armée israélienne, une armée, qui à travers ses actions, créée la division et la haine.
"J'élève mon fils à ne pas haïr, à aimer et à respecter tous les peuples ; ça ne vous fait rien d'être ici à obliger mon fils et tous nos enfants, de par vos actes, à vous détester ?

Aujourd'hui, c'était le premier jour où les bulldozers avaient retrouvé l'autorisation de travailler à la construction du mur de l'Apartheid après presque cinq semaines où le travail avait été suspendu dans l'attente du jugement de la Haute Cour israélienne.

Vers 3h20 de l'après-midi, deux bulldozers et au moins 7 jeeps, quelques 90 soldats (la plupart de la police des frontières), des membres d'une force anti-terroriste et un camion porteur d'un canon à eau, sont arrivés à Biddu pour défoncer au bulldozer la terre des villageois.

Aussitôt, un appel à manifester a été lancé à la mosquée et les gens sont arrivés sur le site.

Environ 150 Palestiniens, 7 internationaux et 4 israéliens sont arrivés et ont fait front pacifiquement aux soldats.

Les militaires ont coupé la route qui permet de sortir de Biddu, ont occupé une maison en construction surplombant le site et ont encerclé les manifestants.

Des manifestants ont essayé de négocier avec les soldats et, à ce moment là, les soldats ont sorti un bout de papier décrétant l'endroit "zone militaire fermée" et ils ont menacé d'arrestation les manifestants.

Un des manifestants, qui avait été désigné comme porte-parole des villageois, accompagné de son fils de douze ans a discuté en face-à-face avec un soldat lourdement armé et appelé le soldat à refuser de servir dans l'armée israélienne, une armée, qui à travers ses actions, créée la division et la haine.
"J'élève mon fils à ne pas haïr, à aimer et à respecter tous les peuples ; ça ne vous fait rien d'être ici à obliger mon fils et tous nos enfants, de par vos actes, à vous détester ?

A la fin le soldat a répondu : "Je sais ce que ce que vous dites est vrai, et vous ne me reverrez plus ici".


Pendant que la manifestation, s'ébranlait lentement et pacifiquement vers les bulldozers, les bras levés, les soldats, le corps entièrement cuirassé, une armure en plastique leur protégeant parfois bras et jambes, ont refusé d'autoriser les palestiniens et leurs supporters à s'asseoir pacifiquement sur la terre qui est la leur. L'armée israélienne a préféré lancer une quantité énorme de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, ainsi que des balles en métal recouvertes de caoutchouc.

A un certain moment, les soldats se sont mis à lancer du gaz lacrymogène à l'entrée d'une maison dans laquelle il y avait une dizaine de petits enfants. Un homme a essayé de sortir du bâtiment avec un bébé mais il s'est aperçu qu'il ne pouvait pas à cause du gaz lacrymogène.

Les internationaux se sont approchés des soldats et leur ont dit qu'il y avait des petits à l'intérieur. Pendant un court moment, ils ont cessé de lancer des lacrymogènes près de la maison puis ils ont recommencé.

Quelqu'un d'autre qui avait essayé de négocier un certain temps avec les soldats a été atteint à la cuisse par une bombe lacrymogène alors qu'il était à moins de quinze mètres, il était assis par terre avec une dizaine d'hommes.

Alaa Kan'an Mahmoud Badwan, 15 ans, parent de Mohammed Badwan qui a été tué par l'armée israélienne au cours d'une une manifestation à Biddu un mois auparavant, a été touché à la tête par une bombe lacrymogène (tirée d’un fusil); il est toujours à l'hôpital de Ramallah avec une fracture du crâne.

Demain, il sera transféré dans un hôpital de Jérusalem.

Trois personnes ont été blessées par des balles en métal enveloppées de caoutchouc, l'une a été touchée à la jambe, l'autre au ventre, et un international, le suédois Peter, a été atteint deux fois dans le dos par des balles en caoutchouc.

Un israélien a été blessé au poignet par une bombe lacrymogène et il y a eu au moins huit autres blessés à cause des bombes lacrymogène tirées sur la foule à courte distance et à cause de l'inhalation de ces gaz.

Au bout de deux heures, les bulldozers et les soldats sont partis parce que les Palestiniens et leurs supporters refusaient de se disperser sous la pression des violences exercées par l'armée israélienne.

Des dizaines de soldats et de jeeps se sont retirés du village, sous les sifflements, les cris de joie, les chansons et les danses, et les militants pacifistes israéliens ont été portés en triomphe sur les épaules "NON au Mur, OUI à la paix !" et "Sharon, assassin, tu verras, l'Intifada nous libérera (aura le dernier mot)"

Source : www.palsolidarity.org

Traduction : CS pour ISM-France

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