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ISM France - Archives 2001-2021

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Gaza -

Encore plus de morts, de tirs et d'arrestations.

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Les militaires ont encerclé la maison et tiré sur les murs. Puis, ils ont fracturé la porte et envoyé une demi douzaine de chiens avec des caméras-vidéos sur dos pour fouiller la maison à distance. Les chiens ont trouvé l'homme, puis les militaires sont entré et l'ont arrêté ainsi que le propriétaire de la maison (qui ne connaissait pas l'homme qu'il avait laissé entrer, si ce n'est que c'était quelqu'un qui avait besoin d'aide).

Encore plus de morts, de tirs et d'arrestations.

Ces derniers jours, il y a une lourde tension dans l'air. Beaucoup de personnes pensent que ce qu’on fait les Forces d'Occupation Israéliennes en octobre n'étaient que la moitié de ce qu'elles avaient prévu de faire et que d'autres attaques vont suivre. Indépendamment de cela, le niveau de violence est plus élevé maintenant pendant le Ramadan que ces deux derniers mois (à l'exception de l'invasion massive d'octobre). Plus de mitraillages, beaucoup de mitraillages, pendant la journée.

Nous passons actuellement la plupart de nos journées à visiter des familles qui ont perdu des enfants et d'autres membres de la famille, sous les balles israéliennes.

L'autre jour, dans la ville de Gaza, à mi-période du Ramadan, une famille très pauvre a perdu l'un de ses fils. Il était sorti pour attraper des oiseaux aux heures matinales, après le dernier repas de la nuit, avant que le jeûne ne commence. Attraper des oiseaux était l'occupation de ce jeune de 13 ans. Son frère agé de 12 ans et lui étaient les deux seules personnes à subvenir aux besoins de la famille, leur père, qui a reçu une balle dans le dos lors de la première Intifada, souffrant de multiples traumatismes psychologiques.

Cet enfant était sorti pour attrapé des oiseaux avec d'autres enfants des quartiers environnants, quand une patrouille de militaires israéliens à pied leur est tombée dessus. La plupart des enfants se sont enfui en courant, mais Mahmoud, paralysé par la peur, n'a pas pu. Des témoins ont vu les soldats lui tirer d'abord dans les jambes un certain nombre de fois à bout portant (à 1 m) puis le frapper.

D'après l'autopsie, l'enfant a reçu 17 balles, une dans la tête, une dans le coeur et les autres dans l'estomac et les jambes. Toutes les balles ont été tirées de près. De plus, comme si cela ne suffisait pas, le visage de l'enfant a été écrasé à coups de bottes par les soldats. Son bras était cassé parce qu'is l'avaient tiré de l'endroit où ils l'avaient assassiné, pour l’emmener vers la frontière, afin de pouvoir prétendre qu'ils lui avaient tiré dessus parce qu'il était trop près de la Ligne Verte.

Dans Rafah, un autre garçon de 13 ans a été blessé à l'estomac alors qu'il rentrait chez lui revenant de l'école. Ce jour là, il y a eu des mitraillages importants, inhabituels, tout le long de la journée. Les militaires tiraient du haut des miradors, dans les rues, nous obligeant, à plusieurs reprises, à sauter dans les ruelles adjacentes pour échapper à leurs lignes de tirs.

Au block O, l'un des camps de réfugiés le long de la frontière, cet enfant sortait juste de sa classe et était sur le chemin de la maison, quand il a été visé ou touché par un éclat d'une balle perdue. Il n'a pas été tué sur le coup, mais il a été emmené à l'hôpital où, durant 3 jours, il a reçu en perfusion 16 litres de sang et finalement les médecins n'ont pu stopper l'hémorragie. L'enfant est mort.

Il y a deux jours, aux environs de 2h30, les militaires ont envahi le quartier de Zalata, aux environs de Rafah, lieu d'habitation d'une communauté à dominante bédouine. Ils étaient « à la poursuite d’hommes recherchés", des hommes qui sont les frères, les pères et les fils qui résistent aux incursions militaires pour protéger leur communauté de l'occupation. Les militaires sont apparus à l'improvise vers 2h30 du matin et n'ont donné à la famille aucun avertissement avant de faire sauter leur maison. L'homme qu'il recherchait n'était pas là.

Quelques maisons plus bas, un père de famille de 55 ans a été tué en aidant à s'enfuir son fils (un homme soi-disant recherché). Ils ont tiré sur le père un certains nombre de fois et lui ont roulé sur son corps avec leurs humvees ( véhicules tout terrain armés ) alors qu'il rentrait après avoir aidé son fils à fuir.

Son fils s'en est tiré un peu mieux. Ils lui ont tiré dans le bras alors qu'il escaladait la clôture pour s'échapper. Malgré cela, il a eu suffisamment d'énergie pour finir de grimper la clôture, a couru à travers un certain nombre de champs et de terres agricoles, a fait un trou dans un mur de figuiers de barbarie avec ses mains nues (les figuiers de barbarie sont utilisés ici pour clôturer le périmètre des terres agricoles, comme aux Etats Unis on utilise des barbelés à cet effet), a couru désespérément à travers un autre champ cultivé, puis il a frappé à la porte de quelqu'un qu'il ne connaissait pas pour demander de l'aide.

Tout ceci, il l'a fait alors qu'il était poursuivi par des jeeps, suivies par des hélicoptères Apache. Il a été attrapé dans la maison de l'homme qui l'a hébergé. Les militaires ont encerclé la maison et tiré sur les murs. Puis, ils ont fracturé la porte et envoyé une demi douzaine de chiens avec des caméras-vidéos attachées sur le dos pour fouiller la maison à distance. Les chiens ont trouvé l'homme, puis les militaires sont entré et l'ont arrêté ainsi que le propriétaire de la maison (qui ne connaissait pas l'homme qu'il avait laissé entrer, si ce n'est que c'était quelqu'un qui avait besoin d'aide). Aucun des deux n'a été libéré pour le moment. En sortant de la maison, l'un des soldats a laissé tombé une bombe explosive de 2 kgs au milieu de la maison qui, en explosant, a détruit l'intérieur de la maison.

La nuit précédente, les militaires sont entré dans le block O pour des missions de recherches de soi-disant tunnels. Nous n'avons pas pu rentrer dans la zone, hier, parce que le cousin de notre coordinateur local a été tué dans le courant de la nuit par des tirs provenant d'un hélicoptère Apache, pendant l'opération. Un rapport plus détaillé suivra bientôt.

Source : www.palsolidarity.org

Traduction : MDB

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