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Palestine - 3 octobre 2012
Par Khaled Amayreh
Un Mahmoud Abbas, président de l'Autorité Palestinienne, visiblement en colère a prévenu que la stratégie de la solution de deux Etats était en danger de déconfiture totale en raison de la politique israélienne acharnée d'expansion coloniale. S'adressant à l'Assemblée Générale des Nations Unies le 27 septembre, Abbas a averti que la politique israélienne actuelle conduirait à une nouvelle Nakba palestinienne.
Il a dit que les Palestiniens ne quitteraient jamais leur terre ancestrale, peu importe les tactiques sinistres qu'emploierait Israël pour nous obliger à "quitter nos maisons". Il a exhorté la communauté internationale à reconnaître l'"Etat de Palestine" avant qu'il ne soit trop tard, disant que le processus de paix moribond agonisait pendant qu'Israël continuait de tailler dans la terre palestinienne et à d'y construire des colonies pour des juifs fanatiques opposés à la paix avec les Palestiniens.
"Nous sommes confrontés à des vagues incessantes d'attaques contre notre peuple, nos mosquées, nos églises et nos monastères, nos maisons et nos écoles. Ils crachent leur venin contre nos arbres, nos champs, nos cultures et nos biens. Et notre peuple est devenu la cible de meurtres et d'abus, en collusion totale avec les forces de l'occupation et le gouvernement israélien."
Essayant de s'attirer les faveurs des Etats-Unis et autres pays réticents à appeler un chat un chat lorsqu'il s'agit du comportement israélien, Abbas a dit qu'il était toujours engagé à la stratégie de la solution de deux Etats.
"Malgré les complexités de la réalité et toutes nos frustrations, nous disons devant la communauté internationale qu'il y a toujours une chance - peut-être la dernière - de sauver la solution de deux Etats et la paix."
En vérité, cela fait des années qu'Abbas répète ce qu'il a dit aux Nations Unies. Et rien n'a changé, sauf l'envergure toujours croissante du vol israélien des terres palestiniennes, qui continue sans relâche 7 jours sur 7.
En d'autres termes, il est clair comme de l'eau de roche que la solution de deux Etats est en phase terminale et qu'il ne manque plus que le certificat officiel de décès.
A moins qu'Abbas ait en tête une entité déformée, fragmentée et territorialement discontinue qui servirait de mémorial insultant de la liquidation finale de la juste cause palestinienne par la main de la communauté internationale moralement corrompue, un Israël récalcitrant et semblable aux nazis, en collusion avec une direction palestinienne docile et épuisée manquant de la perspective historique et de la conviction morale qui ont permis aux dirigeants musulmans comme Salahuddin de repousser les envahisseurs étrangers et de libérer la Palestine des griffes des agresseurs.
Le discours d'Abbas est peut-être utile d'un point de vue diplomatique puisqu'il a reçu l'approbation de plusieurs pays d'Europe, du monde arabe et d'ailleurs. Cependant, d'un point de vue historique et politique, c'est manifestement un discours nul. Nous avons entendu nombre de discours similaires par le passé et la cause palestinienne n'a fait qu'empirer.
D'un point de vue politique, Abbas aurait dû faire preuve d'un minimum d'honnêteté en reconnaissant que des réalisations symboliques ici et là, dont le fait d'accorder à la "Palestine" un statut d'Etat non membre aux Nations Unies, ne changeront pas la réalité sur le terrain.
C'est vraiment regrettable que l'AP et sa mère corrompue, l'OLP, soient toujours on ne peut plus enthousiastes à marquer des petites "victoires" insignifiantes qui ne font qu'accroître la frustration et le désespoir de notre peuple.
Ces "victoires" symboliques ne peuvent défaire, ni même brouiller les faits qu'Israël continue de créer en Cisjordanie , en particulier à Jérusalem Est occupée, sous le nez de l'AP d'Abbas.
On dit qu'il aurait un doctorat en science politique. Cependant, à la lumière de sa gestion lamentable et affligeante des affaires palestiniennes, et avec Israël, il est clair qu'il mérite plutôt un doctorat en stupidité.
Il y a quelques semaines, il a dit à des rabbins israéliens à Ramallah qu'Israël avait été créé pour rester. La direction israélienne a même refusé de commenter ces remarques minables. A tout le moins, même les Palestiniens et les arabes qui soutiennent le scandaleux processus de paix auraient espéré qu'il dise quelque chose comme : "Israël vivra si la Palestine vit, et Israël ne vivra pas si la Palestine ne vit pas." Personne n'aurait trouvé à redire à de telles remarques.
La vérité, c'est qu'Israël a été établi sur les ruines de la Palestine, et qu'un Etat qui a assassiné notre peuple, détruit nos maisons, nos villages et nos villes, puis expulsé les Palestiniens en masse aux quatre vents n'a aucune légitimité, morale ou autre.
Une entité aussi déformée, immorale et diabolique n'a aucun droit d'exister. Elle devra partir tôt ou tard, quelles que soient les réalités politiques contemporaines.
Abbas a dit que les Palestiniens vivraient en Palestine, pas en Israël. Eh bien, a-t-il oublié si facilement qu'Israël est en réalité la Palestine ? Ne sait-il pas que les tombes de nos pères, de nos grands-pères et de nos ancêtres, dont les siens, sont situées et dispersées partout en "Israël" ? Il a peut-être le droit d'oublier la tombe de son père. Mais il n'a pas le droit de nous demander de faire de même.
D'un point de vue historique, il devrait savoir qu'un accord stupide signé sous la contrainte n'a aucune chance de perdurer.
Dans tous les cas, le dirigeant palestinien devrait se rendre compte que le temps de la stratégie de deux Etats est révolu. Israël a tué toute perspective d'établissement d'un véritable Etat palestinien digne de ce nom.
Il pense peut-être que la communauté internationale arrivera, si elle veut bien, à faire pression sur Israël pour qu'il revienne aux lignes du 4 juin 1967, sans parler du rapatriement des millions de réfugiés palestiniens dans leurs villages et villes d'où ils ont été expulsés à la pointe des fusils des voyous juifs envahisseurs venus d'Europe de l'Est.
S'il le pense, il est stupide, d'un point de vue politique, et c'est un euphémisme.
Nul besoin d'être un expert en politique mondiale et en questions internationales pour savoir qu'Israël exerce un contrôle étroit sur le gouvernement, le Congrès et les médias états-uniens, à tel point que n'importe quel homme politique du pays commettrait un suicide politique s'il critiquait Israël. Ne voyons-nous pas comment le Président en exercice Obama et son rival républicain Mitt Romney rampent devant le golem juif en Amérique ?
Ceci pour dire que les Etats-Unis sont une partie du problème et ne peuvent pas être une partie de la solution.
Nous avons attendu plus de soixante ans une intervention américaine honnête dans le "conflit", dans l'espoir qu'une telle intervention convaincrait Israël de prendre la voie de la paix. Mais les Etats-Unis ont toujours prouvé que l'argent et le pouvoir juifs étaient des outils plus puissants dans le pilotage de la politique étrangère US que la conscience morale qui pourrait s'infiltrer dans les couloirs ou la politique à Washington et à New-York.
Et si nous, Palestiniens, continuons notre quête futile en comptant sur un rôle américain positif, nous devrons probablement attendre des lustres, quand le sionisme aura pleinement atteint ses objectifs.
Il faut prendre conscience que tous les conflits ne sont pas solubles et que le "conflit" arabo-israélien est peut-être l'un d'entre eux.
Ce qui ne veut pas dire que les arabes et les musulmans doivent abandonner. Non, jamais ! Nous devons finir par nous débarrasser du chien quand ce dernier essaie de se débarrasser de nous.
Et aucune sourate ni verset du Saint Coran ne dit que la Mosquée Al-Aqsa sera libérée du vivant de Mahmoud Abbas.
Source : Ezzedeen AlQassam Brigades
Traduction : MR pour ISM
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