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USA/Israël - 29 janvier 2020
Par ISM-France et Agences
Attendu depuis plusieurs mois par des Palestiniens et leurs partisans sans illusion, le président Trump a révélé hier les grandes lignes des 180 pages de ce qu’il a nommé le « deal du siècle » (1) censé ouvrir la voie de la paix entre Israéliens et Palestiniens, autrement dit entre une puissance occupante et le peuple dont elle viole quotidiennement les droits.
Ce qui est révélé est la continuité de toutes les « initiatives de paix » précédentes qui n’ont abouti qu’à priver les Palestiniens de leurs droits, à organiser le vol de la terre et l’expulsion de la population indigène, au profit d’une entité dirigée par une idéologie raciste, le sionisme, un régime colonial de peuplement ne respectant aucune des normes fondamentales internationales, organisé autour d’une armée d’occupation barbare.
Le plan de l’administration Trump prévoit, pour son application, une période transitoire de 4 ans ; elle anticipe que le président de l’Autorité Palestinienne refusera le plan mais que son successeur pourrait l'accepter.
L'"accord" propose la création d'un État palestinien démilitarisé sur 70% de la Cisjordanie occupée, avec pour capitale la ville de Abu Dis, au nord-est de Jérusalem, déjà envisagée lors de plans précédents, Jérusalem étant la capitale indivisible d’’Israël’ sous contrôle israélien.
Le plan permet à ‘Israël’ d'annexer 30 à 40 % de la zone C, dont la riche Vallée du Jourdain tandis que les Palestiniens auront le contrôle sur environ 40 % des zones A et B. Le statut des 30 % restants de la zone C n'est donc pas clair, mais il n’est pas difficile de prévoir que le régime colonial se réserve le droit de se l'approprier.
Les accords d'Oslo ont divisé la Cisjordanie occupée en trois zones, A, B et C. La zone A constitue 18% de la Cisjordanie qui est sous le contrôle de l'Autorité palestinienne, et la zone B constitue 21% de la Cisjordanie qui est sous le contrôle administratif palestinien et le contrôle de sécurité israélien. La zone C constituant 61% de la Cisjordanie occupée et étant sous contrôle administratif et sécuritaire israélien, tout projet ou mesure palestinienne doit être approuvé par Israël.
Pendant la période de transition, Israël pourra construire dans les zones où des colonies existent déjà, mais ne pourra pas s'étendre au-delà de ses frontières actuelles. Il interdira également l'approbation de nouveaux plans de développement urbain pour l'expansion des zones industrielles en Cisjordanie .
Les Palestiniens pourront déclarer un État indépendant, mais avec des pouvoirs limités. Il sera complètement démilitarisé, n'aura aucun contrôle sur son espace aérien ou ses passages de frontières et ne sera pas autorisé à former des alliances avec d'autres pays.
Le plan suggère la construction d'un tunnel reliant la Cisjordanie et la bande de Gaza, qui servirait de passage pour les Palestiniens. Un plan précédent proposait une route de 60km, distance entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie occupée. Le plan Trump propose le creusement d’un tunnel, et l’on reconnaît là le choix de l’entité sioniste qui en a creusé de nombreux pour le passage des Palestiniens sous ses rocades et autoroutes, ce qui lui permet de les fermer à loisir.
Le plan exige que l'Autorité palestinienne reprenne le contrôle total de la bande de Gaza et démilitarise les factions de la résistance qui s'y trouvent.
L'accord stipule que tout ce qui se trouve au-delà du mur d’annexion à Jérusalem sera transféré aux Palestiniens, à condition qu'ils acceptent les grandes lignes du plan.
Les Palestiniens ne pourront pas annexer des territoires unilatéralement, comme Israël dans la zone C.
Le programme prévoit également un financement de 50 milliards de dollars pour des projets dans des territoires désignés pour l'État palestinien.
Des sources proches de la Maison Blanche affirment que le prince héritier saoudien, Mohammad bin Salman, et les autres princes des pays du Golfe Persique ont promis à l'administration américaine de donner de l'argent, afin d'empêcher les Palestiniens de saboter le plan en coulisses.
Les Palestiniens, en Cisjordanie occupée et à Gaza, sont descendus en masse dès l’annonce du plan, le 28.01 en fin de journée, pour protester et affirmer qu’en aucun cas ils ne l’accepteraient. Les haut-parleurs des mosquées ont appelé à manifester et à faire la grève.
Quant à l’autorité palestinienne, dont les compromissions avec l’occupation ont mené à cette énième catastrophe, elle gesticule et s’offusque, pour la galerie, mais fait passer dans la population le mot d’ordre ferme que pendant les manifestations, « aucun portrait de Trump ou de Netanyahou ne doit être brûlé » !
Avec les Palestiniens, nous affirmons que la Palestine est arabe, qu’elle est la patrie du peuple palestinien dont les droits doivent être garantis, en particulier le droit au retour, et qu’elle n’est pas à vendre !
(1) Le texte en anglais ici.
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