Envoyer cet article
Liban - 21 janvier 2012
Par Tariq Shadid
Lara Fabian, chanteuse belgo-italienne, est une amie d'Israël, et n'en fait pas mystère. En mai 2008, elle s'est produite lors d'un concert spécial en France en commémoration de la création de l'Etat sioniste, terminant son show par "Je t'aime, Israël", show produit par son producteur français Gérard Pullicino. En mars 2010, elle a donné un concert à Tel Aviv et en juin 2011, elle a participé au festival du Cercle Ben Gourion à Bruxelles.
Des secouristes évacuent les morts et les blessés du Pont Halat, au nord de Beyrouth, détruit par l'armée sioniste le 4 août 2006
Malgré ses évidents sentiments chaleureux envers l'Etat colonial sioniste raciste et belliqueux, elle envisageait de se produire, les 14 et 15 février 2012, au Casino du Liban, à Jounieh. Ayant donné deux concerts au Liban auparavant, elle n'a pas vu venir la massive campagne de boycott ; la Campagne pour le boycott des soutiens à Israël au Liban s'est farouchement opposée à sa prestation, jusqu'à ce que Fabian annonce, le 19 janvier sur sa page Facebook, qu'elle avait annulé le concert.
Cette victoire BDS est très importante. Elle envoie un message fort aux artistes qui choisissent d'ignorer les injustices massives perpétrées par l'Etat d'Israël, non seulement contre les Palestiniens, mais aussi contre ses pays voisins et contre les minorités ethniques qui vivent dans l'auto-proclamée "Terre des Elus".
Plus de tolérance pour le racisme
Il est incompréhensible qu'en 2012, un Etat qui accorde l'exclusivité raciale à quiconque est considéré être génétiquement lié à la tribu historique des "Israélites", soit toujours toléré au sein de la communauté internationale. Tous les citoyens du monde savent maintenant que la terre de Palestine a été expropriée par des envahisseurs sionistes venus d'Europe, qui ont expulsé les Palestiniens en 1948 à la pointe du fusil, pour créer un Etat exclusif pour les Juifs.
Mais les choses sont en train de changer, et c'est pourquoi l'annulation de Lara Fabian est importante. De plus en plus, et dans le monde entier, ceux qui choisissent de faire ami-ami avec l'idéologie raciste du sionisme et de célébrer l'expulsion et l'oppression des Palestiniens avec les Israéliens, doivent en payer le prix. Des citoyens et des artistes de conscience en ont fait un outil de pression sur ceux qui soutiennent l'Etat d'apartheid, tirant les leçons du travail réussi de boycott culturel et économique contre le régime d'apartheid d'Afrique du Sud dans les années 1980, qui a contribué à abattre cette injustice systématique. Il est grand temps que la Palestine occupée soit soulagée du joug du racisme sioniste, et le nombre de gens qui consacrent leur énergie à la concrétisation de ce projet grandit de jour en jour.
Beyrouth le 11 juillet 2006
Beyrouth 15 jours après
Le Liban résiste
En juillet 2006, Israël a déclenché une attaque atroce au Liban, tuant au moins 1.200 personnes, pratiquement que des civils. Apparemment, il y a beaucoup de gens au Liban qui continuent de penser à juste titre que se déclarer "ami d'Israël" n'est pas compatible avec le fait d'être un invité bienvenu au Liban. Cette attitude n'existe pas seulement au niveau populaire, mais se retrouve dans des positions prises par les partis politiques. Le 13 décembre 2011, par exemple, plusieurs partis politiques, parmi lesquels le Mouvement patriotique libre, le Hezbollah et Amal ont signé une déclaration commune appelant au boycott de "tous les concerts, compagnies et troupes soutenant l'ennemi sioniste".
As'ad Ghsoub, porte-parole de la Campagne pour le boycott des soutiens d'Israël au Liban, dit très clairement que ceci n'a rien à voir avec une "censure culturelle". Comme il l'a déclaré à NOW Lebanon, "Israël est un Etat qui est un ennemi du Liban, et nous sommes en état de guerre (...). Peut-on imaginer une superstar pro-Hezbollah chantant à Tel Aviv ?"
Une campagne mondiale
Doc Jazz's Musical Intifada suit et soutient toutes les actions anti-normalisation et BDS, il suffit de voir les divers articles sur le sujet publié sur le site. Il est clair que le boycott culturel d'Israël fonctionne et se propage bien au-delà du Moyen-Orient. La liste des artistes occidentaux qui refusent de se produire en Israël s'allonge, et nous applaudissons leur courage moral. Ils donnent l'exemple à tous les musiciens du monde épris de justice et de paix, et un nombre toujours croissant d'interprètes admirent leur courage et les imitent.
Il est temps que des artistes comme Lara Fabian comprennent que même en tant que musicien, il y a un moment où il faut faire des choix moraux. Déclarer son admiration et son soutien à la création d'un Etat raciste et va-t-en-guerre n'est pas compatible avec les phrases de sa déclaration Facebook sur l'annulation du concert : "Je crois en la tolérance, la générosité et la vérité." Si vous y croyez vraiment, Lara, alors pourquoi admirez-vous, aimez-vous et soutenez-vous l'Etat fasciste néo-nazi d'Israël ?
Pour ce qui concerne As'ad Ghsoub, tout n'est pourtant pas perdu. "Qu'elle reconsidère ses actions et se joigne au mouvement mondial auquel se sont joints de nombreux artistes. Si elle déclare qu'au moins elle prend ses distances vis-à-vis d'Israël, alors nous n'aurons aucun problème à l'accueillir la prochaine fois. Nous déroulerons le tapis rouge devant elle."
Lara Fabian n'est pas la première, et ne sera pas la dernière, à recevoir ces leçons de véritable égalité et tolérance. L'anti-normalisation avec Israël continuera, main dans la main avec le travail BDS, et ceux qui souhaitent créer un monde où le racisme n'est pas toléré soutiendront sans aucun doute ces campagnes. La marée monte. Prenez vos planches et surfez sur la vague !
Source : Doc Jazz's Musical Intifada
Traduction : MR pour ISM
Afin d'assurer sa mission d'information, ISM-France fait appel à votre soutien.
L'ISM a pour vocation la diffusion d'informations relatives aux événements du Proche Orient. Les auteurs du site travaillent à la plus grande objectivité et au respect des opinions de chacun, soucieux de corriger les erreurs qui leur seraient signalées.
Les opinions exprimées dans les articles n'engagent que la responsabilité de leur auteur et/ou de leur traducteur. En aucun cas l'ISM ne saurait être tenu responsable des propos tenus dans les analyses, témoignages et messages postés par des tierces personnes.
D'autre part, beaucoup d'informations émanant de sources externes, ou faisant lien vers des sites dont il n'a pas la gestion, l'ISM n'assume aucunement la responsabilité quant à l'information contenue dans ces sites.
9 novembre 2021
L’Art de la guerre - Les nouvelles armes financières de l’Occident9 novembre 2021
Le fait d'être désigné comme "terroristes" par Israël illustre le bon travail des ONG en Palestine5 novembre 2021
Israa Jaabis : De victime à criminelle, du jour au lendemain3 novembre 2021
La normalisation est le dernier projet pour éradiquer la cause palestinienne1 novembre 2021
Kafr Qasem reste une plaie béante tandis que les Palestiniens continuent de résister à l'occupation30 octobre 2021
Voler et tuer en toute impunité ne suffit plus, il faut aussi le silence14 octobre 2021
Tsunami géopolitique à venir : fin de la colonie d’apartheid nommée ’’Israël’’12 octobre 2021
La présentation high-tech d'Israël à l'exposition de Dubaï cache la brutalité de l'occupation9 octobre 2021
Pourquoi le discours d'Abbas fait pâle figure en comparaison du fusil d'Arafat à l'ONU6 octobre 2021
Comment la propagande israélienne s'insinue dans votre divertissement quotidien sur Netflix : La déshumanisation et la désinformation de FaudaLiban
Boycott
Tariq Shadid
21 janvier 2012